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Instant | 28 septembre 2008

 

Photo : Laurent Mounoury  - "Boule" 

 

 

Instant



Je n'avais rien fait de plus
Pas un geste
Pas même un pas
Ni ouvert la bouche
Ni produit un son
Ou prononcé une parole
Et toi également
Nous avions laissé faire les choses
Et vu passer le temps
Avec ses saisons
Et puis..
Le silence s'était installé
Confortablement, en sa marge
Et il ne semblait incommoder nos personnes
Se métamorphosant comme en une bulle,
Si légère, si mince et si large
Nous protégeant..
Et nous préservant
Intacts..
En l'état..
Nous maintenant
Sans façon
Avec tact
Comme en gestation
Et dès lors..
En un heureux hasard
Notre lien avait couvé
Loin des regards
A l'abri de tout le reste
De la présence criante du monde..
Loin des assauts bruyants de la vie
Et l'on s'en contentait,
Tout naturellement
Heureux qu'on était
D'être ensemble – seuls
..Seulement
Et même terriblement ensemble
Tout seuls..
Même en étant loin
L'un de l'autre
Physiquement
Nous demeurions liés
En nos êtres connectés
Comme tout noués
Par des fils invisibles
Faits de cet éclat
Tout indicible
Tout de lumière..
De cet amour..
Loin des regards
Tout plein d'égards
En son coin
En sa marge
Toute dépeinte
En son mutisme apparent
Et en son absence feinte
Car ce silence avait sa musique
En toile de fond
Faite de tous ces bruissements
Et de cette grande insouciance
Qui germent au fond de nos êtres
Comme ceux de l'enfance
Qui ne laissent rien paraître
Comme ceux du vent
Qui en ses errances
Emporte au loin bien des tourments
Car nous en jouissions de son inattendu passage
Et nous nous fredonnions sa subtile mélodie
Nous distrayant de ces seules notes en partage
Dans une inimitable parodie
Voila..pourquoi
Voici comment
L'éternité féconde l'instant
Voici cet éperdu moment
Où l'instant s'ensemence d'éternité

Publié par Flâneur à 21:05:50 dans tantkàvoir | Commentaires (28) |

Time | 22 septembre 2008

 

Because time is money

Time


 

Tout, en ce temps, semble flotter
alors que le monde retient son souffle
les places financières s'en vont se frotter
à toutes ces économies qui s'essoufflent
heureusement, les ''Superviseurs'' sont bien là
Ils veillent au grain, tant qu'à faire
devant leurs téléscripteurs et leurs écrans plats
ils surveillent et suivent les..cours des affaires
et c'est à ce rythme que bien des fortunes
s'établissent et se renforcent
ou disparaissent, pour leur grande infortune,
par l'entremise de combines et d'entorses
mais tout est bien qui finit bien
car l'argent est la nouvelle religion
et l'on ne saura jamais combien
de bienheureux y seraient légion

convenons qu'une chose en est sure
il en aura causé des réussites et malheurs
ce nouveau maitre qui à l'oreille susurre,
qu'il est la seule clé du bonheur
car l'argent demeure le nerf de la guerre
et il est à la base de bien des conflits
entre voisins ou même  entre frères
qui n'en seraient à leur seul délit
heureusement qu'il est des courbes de croissance
qui remontent le moral aux investisseurs
à qui l'on clame à chaque séance
la nouvelle ère des bâtisseurs
mais la crise de confiance et du ''subprime'' est bien tenace
même qu'elle en ferait voir de toutes les couleurs
risquant emporter dans ses abyssales nasses
bien des ambitions et tant de leurres


il resterait que le temps c'est de l'argent
l'on insista à le faire remarquer
même à toutes ces pauvres gens
à celles-ci qui n'en avaient jamais manqué
ou qu'il n'y a lieu de trop s'en faire
car la bourse..risque bientôt regrimper
elle promet le ''paradis mais n'exclut l'enfer''
et que c'est le bon moment de mieux s'y agripper
les valeurs mobilières ont ceci de merveilleux
elle permettent à certains coquins de briller
sur les cimes d'un monde radieux
et aux ''moins que rien'' de carrément s'essuyer
alors que l'argent se veut neutre
et que le marché le seul régulateur parfait
que certains nantis saluaient de leur feutre
quand d'autres s'en esclaffaient


pour beaucoup l'argent a de la valeur
il symbolise des privations et des sacrifices
ou des peines et des sueurs
assumées sans artifice
et puis il faut savoir raison garder
face à ses frustrations et ses dangers
il y'a lieu de bien et mieux y regarder,
car il en reste toujours quelque chose à engranger
bien des épargnants, pour la plupart petits porteurs,
se découvrent comme soudainement punis
devant ce ''tsunami de déprime'' tout..colporteur
qui enfle depuis la Bourse, aux Etats-Unis
alors il ne faut rien craindre pour l'argent
il irait même jusqu'à faire des petits
c'est là une option de la spéculation et de son entregent
qui aiguise ou annihile les appétits

 

Publié par Flâneur à 14:47:55 dans tantkàvoir | Commentaires (14) |

Du Bonheur | 14 septembre 2008

 Photo : Vasil QUESARI "La serrure de l'oubli(é)"

 Du bonheur

Cette fenêtre est une..porte (!) ouverte sur soi et sur cette - même toute virtuelle - immensité..et pas seulement virtuelle 
ouvrons les fenêtres..les portes..détruisons ces murs de préjugés, jetons à la mer ces serrures de haine, détruisons ces menottes qui isolent et emprisonnent, brisons ces chaînes qui avilissent..et ouvrons les espaces clairsemés de nos pensées, de nos cœurs, voire de nos quêtes et disons, simplement, même avec la seule évocation..ou en l'intimité d'un silence "Bonjour" à toi, et "Bonjour"  à vous tous –parts du soleil- toutes enfouies et disparates qui somnolez en chacun de vous - de nous tous..
et..bonsoir aux étoiles  scintillant en cet immense ciel.. brillant en bien des regards..oui il en est des soleils, des étoiles et des cieux ainsi..inattendus, éclatants, purs, saisissants,  immenses, infinis..   
en un mot comme en mille..soyons sereins..demeurons simples en notre regard..heureux ou sinon  souriants en dépit de bien des adversités sur la route, sur bien des chemins, armés de nos volontés, outillés de nos seuls moyens..mais aussi avec nos rêves..nos espoirs ou nos suffisances..  
le bonheur s'échappant ou s'arrachant..en lumières toutes étincelantes dans la nuit obscure de "tant d'égocentrisme..dans tant d'égoïsme, d'hermétisme..ou de nombrilisme..dans tant d'ubiquité ou de suivisme"..
le bonheur y compris en qlq clandestinité est toujours bon à saisir..même en marge ou en sa part intime voire infime, il est agréable de s'en laisser surprendre..non !?..
et c rare d'en parler..en tout cas pour ma part..
voilà, avec mes seuls et modestes ou pauvres mots, j'en parle comme en décalage ..en dépit des maux ambiants..
et il en est, je sais..
j'essaie de compenser..
Du bonheur..vite ! le peu suffit, qu'on se le dise..
Et que le partage soit..oui! nous pouvons aussi partager cela non !?
Ben je croyais..ça n'engage que ma personne..
Je sais.

Publié par Flâneur à 17:31:27 dans tantkàvoir | Commentaires (21) |

Ca dort | 10 septembre 2008

Peut-on "dormir'' tranquille?
alors que la souffrance est grande, alors que bien des exclusions s'amplifient..sous les projecteurs, et bien plus, sous l'oeil de caméras toutes "popularisées'' qui en soulignent le caractère distributif, amplifié pourtant par la faveur de la toile et d'autres moyens et médias, et répétitif selon les environnements socio politiques et les moments ou conjonctures..qui en soulignent la douleur, la menace, le danger..
alors que les heurts et agressions continuent ici et là..heurts fratricides, pour la plupart, des luttes politiques par populations, par régions ou clans interposés par-ci..invasions et occupations de terres et de territoires contestés et défendus becs et ongles..tâchés de sang ici..chargés de haines là..alors que des plaies béantes de solitude(s), d'esseulement(s), d'exclusion(s)..à proximité immédiate ou au pas de la porte de nos vies propres, ne cessent, même en marge, de grandir encore, de s'infecter, d'infester l'environnement alentour jusqu'à risquer faire pourrir le tout  même..
alors que bien des fossés et exclusions socio économiques risquent faire chavirer bien des équilibres sociaux et remettre en cause bien des aventures collectives..et faire se métamorphoser bien des rêves pourtant initialement fédérateurs, en cauchemars bien excessifs, comme issus de qlq fiction exagérée.. ou en tout cas de mauvais goût.
 le monde va mal..
il irait même très mal, n'en déplaise aux niveaux de développement et de maitrise technique dont il pourrait légitimement, ou justement se targuer..
ou même que précisément à cause – notamment - de ces avancées et progrès techniques notables et bien vertigineux..la ‘'logistique culturelle, les retombées culturelles ou l'élévation spirituelle''  n'ont pas suivi ce rythme effréné des inventions, des mainmises financières et spéculatives sur bien des marchés, des options et réserves de ressources circulant en cercle étroits faits d'intimes, et d'initiés bien connus car bien copains ou tous coquins..
n'en déplaise à cette mondialisation en trompe-l'œil..certainement que cela germerait, ou serait comme en gestation, encore, mais en tout cas loin de ces projecteurs, et trop loin de leur suffisance bien trompeuse, car ils ne peuvent compenser l'éclat majestueux et inimitable du soleil..
faudrait songer à la doper non cette élévation culturelle !?
face à de telles avancées, mais encore pour la plupart toutes - commerciales ou surtout matérielles..
mais la nuit porte conseil, alors en ‘'cette nuit'' le monde dort..après s'être fait dorer au soleil de bien des illusions..le monde adore..fuir..il préfèrerait plutôt dormir..faire dans l'autruche plutôt que dans le félin..
alors que, pour reprendre le titre d'un film, celui de Med Hondo, ‘'nous aurons toute la mort pour dormir''..l'on devrait de ce fait préférer moins cette fuite si tentante, si agréable, et si complice de bien des torts et oublis, de bien des abus accomplis sous la lueur du jour ou à l'abri de bien des lumières critiques non ?!
car..même que dormir c aussi mourir un peu..alors le monde se meurt un peu – chaque fois un peu plus..en faisant semblant de dormir..le monde joue à la vie, le monde joue à la mort..le monde fait le mort..
mais que non!
on ne peut (s'en)dormir ainsi ! le bruit de tant de déchainements est oppressant et le silence de tant de souffrances est comme insupportable
ou que si !
Même qu'en fait, on peut dormir tranquille, en paix..car cela n'arriverait qu'aux autres, forcément ?! s'oublie t-on des fois à illusoirement considérer..
cela ?..
c toute la peine et la douleur..toute la sueur, c toute la difficulté, la souffrance..la blessure..jusqu'à la mort, la belle mort de la conscience voilà ce qu'il faut laisser en paix..
dormons de notre belle mort..succombons en notre beau ou profond sommeil de survivant..ou sommeillons de notre seule mort complice, celle de la parole tue, celle du silence..du détour du regard devant bien des méprises..du mutisme apparent devant la souffrance imposée par bien des injustices à des frères et sœurs humains..même qu'on pousserait jusqu'a toutes les formes de vie, faune et flore y compris sur terre..
comme ces dormeurs, comme ces morts qui n'en paraissent moins et qui gémissent d'un manque de justice, de respect, d'amour, d'amitié ou de simple présence ou mémoire..alors que, au départ, nous nous devions au moins cela..ce discernement de respect, d'amour, d'affection, d'intérêt, d'urgence de tant d'attentions qui nous manqueraient tant -et qu'on se projetterait de diffuser..fusse au compte goutte !?..
alors ça dort ?
j'entends comme rire..au fond, je devine comme bien des sourires en coin..
haha..
ça dort et d'un seul œil ! je vois, je me disais bien

Publié par Flâneur à 18:33:37 dans tantkàvoir | Commentaires (11) |

A peine | 06 septembre 2008

A peine 

 

Tout le dépit du monde

Se lisait sur ce visage

Il est des colères sourdes qui grondent

Comme un tonnerre au dessus des nuages 

 

Quand l'amour n'est pas là

Cela se lit au fond des yeux

Et il n'est besoin de tralala

Pour rendre cléments les cieux

car il est des choses contraires

Qui arrivent sans avertir

Comme un inattendu bol d'air

Qu'on aspirerait avec plaisir 

 

Et ce dépit fort insolite

N'a ni regret ni état d'âme

Quand il te prend et t'habite

Par cette surprise qui désarme

car demain sera un nouveau jour

Et le Soleil éclairera

Sans peine et sans détour

Ce fol amour qui s'embrasera

Puis de nouveau sur ton visage

Le sourire refleurira

Tu te diras que c'est un mirage

Mais au fond de toi tu le tairas 

 

Considérons que la vie est ainsi faite

De joies insoupçonnées et de subites peines

Comme de toutes ces victoires ou défaites

Dont l'on s'en souvient à peine 

Publié par Flâneur à 21:22:32 dans Poetikavoir | Commentaires (16) |

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